
Derrière les publicités et les beaux discours, la Fnac oriente les marchés du livre, du disque et de la culture en général vers une standardisation, un goût moyen. L’article ci-dessous raconte l’envers du décors, là où l’on abandonne les tests comparatifs, où les artistes paient pour vendre leurs disques moins cher et où les salariés sont de simples rangeurs de bacs… Un article à lire (auteur : Jacques Denis, Le Monde Diplomatique), quelques extraits :
« Selon le sociologue Vincent Chabault,[...] « la Fnac a joué un rôle massif dans la distribution et fabriqué un goût moyen, un peu comme Wal-Mart aux Etats-Unis. D’un côté, cela a développé l’accès à la culture et, de l’autre, cela a réduit l’offre ; 70 % de son chiffre d’affaires repose sur les produits techniques. Le reste, c’est de la vitrine, un vernis culturel. Tout comme les espaces non marchands demeurent pour maintenir cette image. » Celle d’un « agitateur culturel » depuis 1954, comme l’a longtemps prétendu l’entreprise, abusivement baptisée « certifiée non conforme » jusqu’en 2008 et désormais « agitateur de curiosité ». L’ambition initiale des deux pères fondateurs, formés dans les rangs de la mouvance trotskiste, n’était-elle pas que « l’action pour le consommateur complète l’action politique » ? Un demi-siècle plus tard, l’action culturelle s’est métamorphosée en culture du profit. »
« Cet investissement ne va pas sans retour, comme le souligne l’auteur-compositeur David Carrol. « Parmi les exemples de pratiques hyper odieuses, il y a Indétendances… Ce sont à la fois des compilations et un festival, celui de Paris Plage. Pour participer au dispositif, la Fnac demande aux labels indépendants — y compris aux autoproduits — une participation aux frais de production. Ce sont les producteurs qui paient ! Et avec ça la Fnac se fait sa promo : “Regardez comment on défend les indépendants !” » Pour faire partie de ce type de sélection, le ticket d’entrée n’a cessé d’augmenter. « L’agitation culturelle, les artistes estampillés Fnac, c’est la grande mise en scène. Dans les faits, tu paies pour vendre ton disque moins cher… », s’insurge Jean Rochard, producteur indépendant depuis bientôt trente ans. » Continue Reading…