L’histoire est-elle faite pour être oubliée ? La crise des subprimes, ou crise de la titrisation, a provoqué d’immenses dégâts dans l’économie mondiale avec des pertes massives d’emplois.
Mais comme le dit Marc Fiorentino dans son édito « je n’ai pas changé » : « quand je fais le bilan des évènements [...], je ne peux m’empêcher d’entendre la voix de Julio Iglesias… Julio, nous non plus, nous n’avons pas changé. La crise n’a rien changé. Rien. Malgré les discours populistes, les propos revanchards, les menaces des dirigeants politiques, les procès médiatiques des traders/banquiers/financiers, la colère d’Obama sur les bonus, la conversion de Nicolas Sarkozy à l’anticapitalisme, les grands sourires à l’issue du G20, le système financier et bancaire n’a pas été réformé. Ni en profondeur, ni même en surface. On s’est contentés de cacher la poussière sous les lits et de planquer les cadavres dans les placards. »
Pour ceux qui n’ont pas suivi, 10 banques américaines ont récemment eu l’autorisation de rembourser leur prêt, fruit de l’aide gouvernementale. Pourquoi rembourser si tôt ? Tout simplement pour s’affranchir des contrôles liés à cette aide, pour pourvoir à nouveau spéculer et gérer les rémunérations et les bonus… comme avant.
Et quand certains disent que les grosses banques US sont en bonne santé. Facile quand on modifie les normes comptables pour améliorer artificiellement les bilans et comptes de résultats !
Et pour les contribuables américains, que se passe-t-il ? Ils récupèrent l’argent qui était investi dans des banques qui avaient de bonnes chances de s’en sortir et d’être rentable, et ils conservent l’argent investi dans des banques au fond du gouffre, dans des compagnies d’assurance sous perfusion comme AIG, dans des agences hypothécaires dont la mort est quasi certaine comme Fanny Mae et Freddy Mac, et dans des constructeurs automobiles comme General Motors. Belle gestion !
Cela donne raison à ceux qui disent que les gouvernement nationalisent les pertes et privatisent les gains…
Marc Fiorentino : « Le G20 devait briser les hedge funds… On a appris cette semaine que le mois de Mai a été un des mois les plus profitables pour la communauté des fonds spéculatifs. 5.23% en moyenne, soit une hausse de 9.43% depuis le début de l’année et les célébrités comme John Paulson, Paul Tudor Jones ou encore Kenneth Griffin le patron du fonds Citadel font un carton. Même le raider Carl Icahn se frotte les mains avec un score de 16% sur l’année sur son fonds de 5.5 milliards de dollars. C’est le far West à nouveau. »
Les engagements pris par les différents chefs d’Etat n’étaient que de superbes effets d’annonce afin de calmer ceux qui veulent bien les croire. De la poudre aux yeux. Pour ma part, j’avais mis mes lunettes !
Et en France ? « Christine Lagarde relance la créativité financière qu’on croyait enterrée avec la crise des subprimes. La voilà qui s’inspire du modèle bancaire toxique pour proposer la création d’un « hors bilan » pour l’Etat Français dans lequel on mettrait le « faux » déficit public, celui qui est du uniquement à la crise. Comme si le fait de l’isoler le ferait disparaître… »
…
La reglementation financière existe et elle existait avant cette crise. Avant de faire de nouvelles lois, il faut appliquer celles existantes.
Mais il faut une véritable, et même radicale, réforme du système financier en commençant par :
- la lutte contre les paradis fiscaux, et pas simplement des listes colorées mais un combat,
- l’interdiction de l’utilisation des produits dérivés par les organisations ne disposant pas du sous-jacent,
- la suppression du marché de gré à gré dans la finance mondiale pour avoir uniquement des marchés réglementés.
Note : une news que je viens de voir avant de publier :
« Les agences de notation épargnées. L’administration américaine ne semble pas disposée à remettre en cause le fonctionnement des agences de notation, très critiquées en 2008, lors de l’éclatement de la crise financière, pour avoir mal évalué la «toxicité» des produits financiers complexes. La supervision internationale des trois grandes agences, Standard & Poor’s, Moody’s et Fitch Ratings (contrôlée par Fimalac) n’est plus à l’ordre du jour. Pas plus que la remise en cause d’un système par lequel ce sont les émetteurs de dette, et non les investisseurs, qui rémunèrent les agences pour l’obtention d’une note de solvabilité. Comme l’a dit Denis Kessler, le président du groupe de réassurance Scor, c’est un peu comme si les restaurants payaient Michelin pour avoir leurs étoiles dans le fameux guide rouge… » (source : Le Revenu)
Rendez-vous pour la prochaine crise avec les mêmes causes puissance 10…

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