Pour faire face à la réglementation encadrant les bonus, les banques sont très créatives pour garder leurs « meilleurs » éléments ou attirer ceux des concurrents.

Les Echos soulignait, le mois dernier, que certains traders sont pris en étau entre leurs investissements immobiliers et leurs nombreuses dépenses. Le train de vie adopté et l’anticipation des bonus peuvent rendre ces nantis surrendettés…

Pour éviter les barrières édictées par la loi, les solutions imaginées sont :

- augmenter la part du salaire fixe pour réduire celle des bonus : c’est la solution la plus simple et la plus courante, certaines fois adoptées de manière rétroactive. (ex : Crédit Suisse, Barclays, Société Générale)

- payer en actions bloquées : le blocage est soit très court (moins de 6  mois), soit sur 3 ou 4 ans. (ex : Bank of America, Merrill Lynch, Citigroup)

- monétiser les actions bloquées : pour obtenir du cash, il est possible de vendre des titres bloqués avec une décote pour obtenir du cash. L’intermédiaire recevant les titres lors du déblocage. Cette pratique se voit surtout aux Etats-Unis.

- accorder des facilités de crédit : en cas d’échéances financières importantes, la banque peut accorder à leurs collaborateurs des prêts relais à taux préférentiels. (ex : Goldman Sachs, RBS, UBS)

- faire racheter son bonus différé par une banque concurrente lors d’un transfert : par exemple, « au printemps 2009, Crédit Suisse a débauché une partie des équipes de trading « haute fréquence » de la Société Générale alors que ceux-ci venaient de recevoir le premier tiers de leur confortable bonus 2009, et qu’ils étaient presque les seuls à en avoir touché cette année-là » (source Les Echos 10/02/10).

Dès qu’une loi est en projet, les méthodes de contournement et les effets pervers devraient être étudiés. Au lieu de cela, la loi est souvent votée rapidement avec des effets quasiment nuls, comme dans le cas de l’encadrement des rémunérations des métiers de la banque et de la finance.