Début du mois, nous avons pu voir dans nos JT une évaluation du coût du crime et de la délinquance.

C’est un économiste, Jacques Bichot, qui a réalisé cette étude. Ce travail comprend la totalité des crimes et délits (à l’exception des infractions au code de la route : mystère) et la comptabilisation des coûts tant directs (préjudice financier et moral pour la victime) qu’indirects (sentiment global d’insécurité, dépenses publiques et privées de sécurité).

Bien que certaines évaluations sont difficiles car non mesurables en monnaie (les faits liés à la vie humaine, aux traumatismes subis…), cette étude a le mérite d’essayer de chiffrer les choses. Pour comprendre comment Jacques Bichot à raisonner, vous pouvez lire la note de synthèse disponible en fin d’article (4 pages).

L’auteur avance un coût total de 115 milliards d’euros pour la criminalité de juillet 2008 à juin 2009, soit 5,6 % du PIB.

5,6 % du PIB, c’est autant que l’Education nationale ou que le système hospitalier, donc autant dire que c’est beaucoup.

Si la France était peuplée uniquement de personnes respectueuses des lois, à PIB égal le niveau de vie du Français moyen serait supérieur d’environ 5,6 %.

Les violences (homicides et tentatives d’homicides, viols et autres agressions sexuelles, blessures volontaires, séquestration et chantage…) causent environ 14 milliards d’euros.

Le crime organisé (proxénitisme, drogue, contrefaçon, immigration clandestine, …etc) : 16 milliards

Les vols (vols violents, liés à des véhicules moteurs, cambriolages, …etc) : 10 milliards

Le vandalisme (incendies volontaires, véhicules, …etc) : 6 milliards

La délinquance en col blanc (faux, délinquance financière, carrousel TVA, fraude prestations sociales, délits informatiques, …etc) : 20 milliards

Les délits divers (délits familiaux, atteinte dignité, fraudes recettes publ., ..etc) : 29 milliards

Et tous ces chiffres sont des évaluations minorées selon l’économiste…

En comptant environ 20 milliards de dépense de sécurité (justice, police et gendarmerie, protection privée…etc), on arrive donc à 115 milliards.

Ce chiffre de 115 milliards a le mérite de pouvoir nous donner un ordre de comparaison pour certaines choses hautement médiatiques.

Tout d’abord, la fraude aux prestations sociales représente 800 millions d’euros. La fraude concerne surtout le RSA, puis la carte vitale et les arrêts maladie. La fraude sur les allocations familiales vient ensuite. 800 millions d’euros, c’est peu par rapport aux autres fraudes…

Comme celle portant sur la TVA qui est évaluée à 5 milliards d’euros (sociétés fictives déclarant des exportations fictives pour toucher des remboursements de TVA par l’Etat).

Le coût de la drogue est évalué entre 5 et 6 milliards, les incendies volontaires à environ 2 milliards.

L’une des plus importantes concerne les délits informatiques, avec 14 milliards d’euros.

A noter que l’immigration clandestine est évaluer à 615 millions

Le détail dans le document de synthèse.

Le risque est, comme toujours quand il s’agit d’évaluations arbitraires, que ces chiffres soient manipulés pour orienter tel ou tel budget de l’Etat… La religion du chiffre et du résultat a encore de beaux jours devant elle.

Pour finir, j’aurais bien aimé une évaluation du coût de ce que j’appellerais la haute délinquance qui est présente dans les sphères de la haute finance…

La note de synthèse de l’Institut de la Justice.