Depuis 2008, il y a beaucoup de tentatives de régulation de la finance. Les effets d’annonces se succèdent mais au final, est-ce qu’elles aboutiront ? A mon humble avis, non.

Le pouvoir de décision est dans les mains d’individus qui ont été incapable de voir venir la crise, qui n’ont pas su quoi faire pour en sortir et qui veulent maintenir leurs revenus au même niveau qu’avant (voire les augmenter…).

Si une régulation bancaire voit le jour, le coût pour le secteur sera tout d’abord répercuté sur le client avant d’amputer les revenus des dirigeants et des investisseurs.

Si on touche aux activités spéculatives qui n’ont aucune utilité sociale… Non, on n’y touchera pas, car l’utilité sociale ne fait pas parti des sujets de préoccupation des financiers.

Pourtant, des idées existent. Frédéric Lordon propose même de fermer la Bourse. Sans aller jusque là, sa proposition de supprimer la cotation en continu pour un fixing a du sens. Cela permettrait d’avoir une reflexion sur un horizon temporel plus adéquat. En effet, la valeur d’une entreprise ne varie pas toutes les secondes… Cela pourrait ressembler à une parole de bon sens, mais pas pour les financiers pratiquant le high frequency trading (achats et ventes sur des horizons de l’ordre de la micro-seconde)

De même, les abus en matière de rentabilité exigée par les actionnaires donnent matière à discuter. Quand on voit qu’une usine ferme parce qu’elle ne dégage qu’un taux de profit de 9 % quand la « norme » du groupe est de minimum 13 % (exemple de Nestlé pour son usine de Saint-Menet en 2005), on peut dire qu’on marche sur la tête. Encore un article de Lordon sur le sujet.

Serions-nous en train de vivre la première guerre de spéculation mondiale ?