Le manifeste du Parti Socialiste Européen (PSE) est un projet très intéressant dans le sens où tous les partis du PSE l’ont adopté (33 partis socialistes, sociaux-démocrates, travaillistes et progressistes). C’est un bon point car il s’agit d’une élection, ne l’oublions pas, européenne.
« Plus que jamais, l’enjeu des élections européennes sera une question de choix politiques. Il s’agira de choisir entre notre vision d’une Europe progressiste qui lutte de façon active pour un avenir meilleur pour nos concitoyens, en préservant l’emploi et le niveau de vie des individus dans un contexte de récession, en luttant contre le changement climatique, en promouvant la justice sociale, la sécurité et l’égalité dans le monde globalisé d’aujourd’hui; et une Europe à droite, réactionnaire, où l’avenir de nos pays et de nos citoyens sera laissé aux mains du marché et des forces échappant au contrôle démocratique. »
A priori, on pourrait dire avec cette introduction que le PSE est contre le néolibéralisme. Mais dans les propositions qui vont suivre, il y a une acceptation de ce modèle.
« Les citoyens d’abord »
« Chaque électeur aura à choisir entre notre conception d’une Europe de progrès, où les citoyens, les États et les pouvoirs européens travaillent ensemble pour répondre aux aspirations de tous ; et une Europe de droite, où l’avenir de nos pays et de nos concitoyens serait remis au jeu du marché. Le Parti socialiste européen, lui, s’engage à créer une société plus juste et plus protectrice, prête à relever les défis qui sont devant nous, en disant : les citoyens d’abord. »
C’est simpliste de résumer les choses ainsi. Je pense que de son point de vue, la droite pense agir pour le progrès. Le progrès n’est pas une valeur de gauche. De même que la justice et la protection (l’UMP veut d’ailleurs d’une Europe qui protège…). Il y a plusieurs façons de voir le progrès, la justice et la protection.
« L’Union européenne, c’est notre lien vital dans la mondialisation. Elle nous met en position forte pour traiter les problèmes mondiaux qui impactent nos pays. Une coopération plus intense et plus efficace en Europe permettra de relever les défis et d’améliorer la vie des citoyens. C’est pourquoi l’entrée en vigueur du traité de Lisbonne, après ratification par tous les États membres, donnerait à l’Europe plus de moyens pour mener, face à nos problèmes, une action démocratique, transparente et efficace. »
Ici, on voit bien que le PSE, et donc le PS, respecte profondément la mondialisation. L’application du traité de Lisbonne est souhaité : cela ne me choque pas car même s’il est imparfait, il comporte de bonnes choses.
« Les partis de gauche, quand ils sont au pouvoir au niveau local ou national, améliorent concrètement la vie des citoyens. Les progrès obtenus par l’action des socialistes et sociaux-démocrates sont clairement visibles. »
J’ai pris rendez-vous chez mon ophtalmo.
« Ces cinq dernières années, la droite a disposé d’une majorité en Europe, au sein de la Commission et du Parlement européens, et avec la majorité des gouvernements des Etats membres. Mais qu’en a-t-elle fait ? A-t-elle réussi à faire face à la crise financière mondiale ? A-t-elle enrayé la montée des prix de l’alimentation et de l’énergie ? La droite suit le marché. Nous suivons nos convictions. »
Alors là, c’est facile. La droite n’est pas responsable de la crise financière mondiale. Des États sont clairement à gauche mais sont touchés pleinement par la crise. Par contre, je suis d’accord avec le fait que la droite suit le marché, cela s’est d’ailleurs vérifié avec les mesures prises pour le secteur laitier… Le PSE suit ses convictions, une belle phrase. Le marché peut être une conviction, la droite à des convictions également. Vive la démagogie.
« Notre but, c’est une Europe où tous les acteurs coopèrent efficacement pour exploiter les chances de la mondialisation au service de tous. La droite dit : « adaptez-vous au marché ». Nous disons : « décidons notre avenir ». »
Encore une preuve que le PSE est clairement pro-mondialisation. Quand aux pseudo-citations, no comment.
Les défis
Je ne détaille pas. Uniquement des oppositions gauche-droite.
Les propositions
I. Relancer l’économie et éviter le retour des crises financières
« Mais la crise a révélé les failles profondes du système de marché, qu’il faut encadrer à la base pour éviter l’arrivée d’autres crises. Tous les intervenants financiers doivent à l’avenir respecter des règles claires pour opérer dans nos pays. Notre volonté politique est de mettre, à l’avenir, les marchés financiers au service de l’économie réelle, de l’emploi et de la croissance. »
C’est en théorie déjà le cas et pour les crises, elles sont inévitables au capitalisme, la première ayant été la crise des tulipes en 1637.
« Nous proposons de réformer les marchés financiers, en prenant appui sur les réflexions déjà développées dans l’Union européenne et au niveau mondial. Il doit être fondé sur la transparence et l’information publique de tous les intervenants. Il doit comporter des obligations précises sur les fonds propres requis de tous les acteurs financiers, et des limites strictes aux niveaux d’emprunts évitant la création de situations d’endettement incontrôlable. Des limitations sont également nécessaires sur les rémunérations et primes des dirigeants d’entreprise, qui doivent refléter les pertes comme les bénéfices. Des contrôles seront à instaurer pour empêcher les conflits d’intérêt. Il faut assurer aux salariés le plein exercice de leur droit à l’information et à la consultation lors de tout rachat d’entreprise, et aux salariés inclus dans des fonds de pension le droit de contrôler comment leur argent est investi. »
Transparence, information publique, conflit d’intérêts, prise en compte des salariés : les abus sur les 3 premiers existeront toujours, c’est dans la nature humaine et le quatrième existe rarement voire jamais… Je suis peut être pessimiste mais il parait difficile de changer les mentalités. Une solution serait de véritablement sanctionner les abus. Les différentes affaires nous montrent que les protagonistes s’en tirent plutôt bien (un seul exemple, M. Bouton de la Société Générale).
« Nous proposons de mettre fin aux paradis fiscaux, à l’évasion et à la fraude fiscales, et de renforcer la lutte contre le blanchiment d’argent en Europe et dans le monde, de sorte que tous les acteurs du marché paient une part équitable d’impôts aux États où ils opèrent. »
J’aurais aimé que cette thématique soit plus développé tellement elle me parait importante. Les paradis fiscaux ne peuvent pas être tuer. Il faudrait bloquer tout mouvement de capitaux entre ceux-ci et l’Europe. Il est tout de même incroyable que les plus grandes sociétés européennes (dont de multiples françaises) aient des intérêts dans les paradis fiscaux. C’est le point de départ à mon avis. Une liste noire ou grise ne résoudra rien.
Après un volet croissance écologique et innovante, , passons au point suivant :
II. Faire progresser la justice dans la nouvelle europe sociale
Énumération de pactes, clauses, cadres, accords, stratégies, contrôles, chartes, et affirmations de type « nous agirons pour, dans, nous entendons, nous plaidons…etc
III. Mettre l’Europe en tête de la lutte contre le changement climatique
Moins de propositions que dans les autres thèmes et rien de révolutionnaire.
IV. Parvenir à l’égalité des sexes
Inégalité encore présente en France d’ailleurs.
V. Donner à l’Europe une politique d’immigration pour le progrès
« Le défi est à la fois de lutter contre l’immigration clandestine et la traite des êtres humains, de garantir une politique juste d’accueil des réfugiés pour tous ceux qui fuient la persécution, d’organiser une immigration légale équitable et responsable répondant aux besoins de main d’oeuvre de l’Europe et respectant les droits des immigrés, et de faciliter l’intégration des immigrés dans leur nouvelle communauté avec les mêmes droits et obligations. »
VI. Faire de l’Europe un partenaire fort pour la paix, la sécurité et le développement
Sur ce thème, je suis en accord. Pour la sécurité, il s’agit de celle européenne et pas de la sécurité intérieure de chaque État.
Conclusion
« Lors de ces élections européennes, le vote de chaque citoyen sera décisif. Tous les hommes et toutes les femmes d’Europe doivent choisir entre une Union européenne orientée à gauche travaillant avec les États pour relever les défis dans l’intérêt des citoyens et une Union européenne dominée par la droite laissant l’avenir de nos pays et de nos peuples dans les mains du marché. »
A ma lecture du manifesto, je ne vois pas en quoi le projet du PSE se distingue du modèle libérale et mondialiste. Certes, il dénonce les abus de ce système, mais le projet ressemble plus à un programme néolibéral enrobé de social qu’à un vrai programme de gauche.
Je comprend mieux pourquoi le Front de Gauche lutte contre le PS !
Au final, de la volonté mais trop de concessions pour aboutit à un programme européen commun mais aseptisé.

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Il est amusant de voir comme leur stratégie consiste seulement à s’opposer à la droite – enfin plus à droite qu’eux parce que là on dirait presque du VGE!
Lutter contre les paradis fiscaux, c’est comme lutter contre le marché noir; S’ils ne sont pas officielement localisés, ils deviendraient diffus et dissimulés, encore plus propices au blanchiment et au noircissement. En sortir, c’est favoriser encore plus ceux qui y restent. Les interdire, n’est-ce pas enlever à certains leur seule économie? Même si les résidants ne profitent toujours de cette manne et que sur le fonds ce serait bien qu’il n’y en ai pas – comme la faim dans le monde, pensons à l’interdire!
Pour ce qui est du contrôle des institutions financières et de leurs fonds propres, quelle démagogie là encore! Elles sont plus controlées que les dépenses publiques, le budget du parlement européen ou de l’élysée, des partis politiques et de tous ceux ayant un tant soit peu de pouvoir, donc d’argent, d’intérêts croisés et d’amis arrangeants! Combattre cela, c’est en effet combattre l’avidité humaine, la convoitise naturelle qui d’ailleurs n’échappe pas à certains animaux… S’en remettre aux sociologues, pas au politiques!
L’égalité des sexes… un sujet évité par tout le monde tant il fâche facilement! C’est vrai que le PS est un exemple de réussite. Plus sérieusement il démontre au moins que si les femmes veulent atteindre leur but, elles y arrivent. Je note que Ségo à divorcé pour s’émanciper, et attendu que ses enfants soient grands pour briguer la présidence. Je caricature, mais le vrai blocage vient selon moi du fait que la femme doit conjuguer bien des contraintes, et que beaucoup font passer leur famille avant leur carrière. Sans pousser plus avant ce débat sans fin, j’avouerai honnêtement que ça arrange bien les hommes, mais parfois aussi les femmes?
Lutter contre l’immigration clandestine? Tant qu’il y aura un contrôle il y aura des clandestins. Faut-il supprimer les contrôles? J’ai pas dis ça! C’est comme le téléchargement illégal : tant que c’est interdit et qu’on peut le faire, il existera toujours des personnes pour nous en donner les clés.
La sécurité… de qui? pour nous protéger de qui? Ca veut rien dire, ce mot est tatoué entre les orteils de Sarko, ils nous en a mis plein depuis l’intérieur jusqu’à aujourd’hui.
Bref, la solution n’est décidément pas dans cette incarnation faussement socialiste et obsolète!