sarkozy et bruni - avion présidentiel

Vous avez tout vu et tout entendu sur la main de Thierry Henry mais vous avez peut-être manqué l’info sur le nouvel avion présidentiel.

Source : politique.net (20 novembre 2009)

Début novembre, l’Assemblée nationale a voté les crédits pour le nouvel avion de Nicolas Sarkozy : l’acquisition de l’appareil et les travaux nécessaires à son réaménagement vont coûter 185 millions d’euros. Avec cet A330, l’heure de vol est évaluée à 20 000 euros (au lieu de 12 000 euros avec l’A319 actuel).

Sur son blog « Veilleur de jour », Eric Azan, journaliste au Monde, faisait remarquer le 14 novembre dernier que le coût du « palace flottant » de Nicolas Sarkozy avait été largement ignoré des grands médias : « Dans la nuit du jeudi 5 au vendredi 6 novembre, l’Assemblée nationale a voté des crédits à hauteur de 185 millions d’euros pour l’achat et l’aménagement d’un avion A330 réservé aux voyages présidentiels ». Si le journaliste en parle, c’est parce qu’un autre journaliste, sur un blog du Monde diplomatique, s’est étonné du coût…

Sur son blog, un collaborateur du Monde diplomatique explique que « l’Air Force One français comprendra un poste de transmissions dernier cri, des installations médicales, une salle de réunion, un bureau, une chambre à coucher avec salle de bains, un système de leurres antimissiles, etc. L’avion présidentiel ne sera cependant pas disponible avant la fin de l’année prochaine ».

Au-delà du coût exorbitant de l’appareil – 185 millions d’euros – Philippe Leymarie relève l’incohérence de cette acquisition : « Problème : cet appareil… sera unique, c’est-à-dire forcément indisponible à un moment ou un autre (voir le cas du porte-avions Charles de Gaulle !). Et l’heure de vol passera à 20 000 euros en moyenne (contre 12 000 sur A319) ».

Les députés socialistes ont dénoncé le montant de ces dépenses pour un avion utilisé par le chef de l’Etat mais payé par le ministère de la Défense. René Dosière s’est notamment demandé « pourquoi l’achat et l’amortissement d’un avion – au demeurant nécessaire – réservé à l’usage presque exclusif du président de la République ne figurent pas au budget de la présidence ? ».

Le journaliste du Monde a eu le mérite de ressortir l’information dix jours après le vote à l’Assemblée, mais pourquoi la presse n’en a-t-elle pas parlé ? Pourquoi Le Monde n’en a-t-il pas fait un article dans son édition électronique et papier ? Ce n’est pas le moindre des paradoxes de constater qu’une information a été oubliée et de la considérer comme secondaire au point de lui donner le statut de simple « note de blog ».