coq hardi par antoine cailliau - cc

Selon Nicolas Sarkozy, les conseillers locaux seraient trop nombreux et couteraient trop cher aux contribuables. Rappelons que le coût global de leur fonction est de 28 millions d’euros et la dépense publique locale qu’ils allouent est de 220 milliards d’euros. Cette dépense publique est au service des citoyens.

Ces montants sont énormes et il faut les mettre en perspective pour pouvoir les juger. 28 millions d’euros de coût annuel, c’est notamment 0,8 % des charges de fonctionnement des collectivités territoriales. On peut les comparer aux 175 millions d’euros de coût de la présidence française de l’Union européenne ou aux 16,6 millions d’euros de coût de la journée du sommet de l’Union pour la Méditerranée (dont 1.010.256 euros pour le diner – source France Info). Ces deux dernières dépenses ne sont pas directement au service des citoyens.

Et que dire du budget de l’Élysée consacré aux sondages, et de son budget communication (vous avez déjà certainement remarqué des publicités vantant les mesures du Gouvernement dans vos journaux ou à la télévision)… Et le coût des visites officielles, en France ou à l’étranger…

Les 28 millions d’euros consacrés aux conseillers locaux ne représentent pas grand chose, ou si, cela ne représente même pas le double du coût de la journée du sommet précité et plus de 6 fois moins que le coût de la présidence française de l’UE.

Mon raisonnement pourrait paraitre simpliste mais force est de constater qu’il y a matière à économie dans de vastes domaines et que, même s’il faut en faire au niveau des collectivités territoriales, celles ci sont tellement importantes pour les citoyens (car ceux ci bénéficient de la dépense publique), qu’il faut bien réfléchir et mesurer les changements à apporter.

La précipitation amène rarement de bonnes mesures.

A moins que… Et si la vraie question était le pouvoir ?

Cette réforme, dans l’état actuel du projet de loi, aurait pour conséquence de redistribuer entièrement les cartes au niveau local. Tout d’abord, au niveau des élus : le scrutin à un tour favoriserait la majorité actuelle qui n’a pas assez de réserve de voix en cas de second tour, et engendrerait à terme un bipartisme à l’américaine avec deux  grands partis. Serait-ce la fin de la pluralité ?

Ensuite, au niveau de l’argent : la réforme des collectivités associée à la réforme de la taxe professionnelle (qui disparait en apparence mais qui est remplacée par d’autres taxes) affaiblirait l’autonomie financière des collectivités territoriales.Serait-ce la fin de la décentralisation ?

Cette redistribution des cartes amènerait encore plus de pouvoir pour la majorité actuelle : pouvoir politique et pouvoir financier.

Derrière les bonnes intentions d’économie de l’argent publique peut se cacher un dessein beaucoup plus humain : la recherche du pouvoir…